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« Chaque euro récolté dans une ville va aux activités locales »

La Croix : Vous lancez votre collecte de fonds annuelle du 14 au 22 mai. Que représente cette collecte pour la Croix-Rouge ?

Philippe DaCosta : Ces journées nationales sont un moment très important pour la Croix-Rouge car c’est l’occasion pour nos bénévoles de rencontrer le public dans la rue. Il faut savoir que, même si nous recevons des subventions, 42% de nos activités associatives sont rendues possibles grâce à la générosité du public. En 2020, par exemple, nous avons reçu 106 millions d’euros de dons et legs, dont une petite partie provient de ces journées de collecte.

La particularité est que les volontaires mendient pour financer les activités de leur unité locale. Ainsi, chaque euro collecté dans une ville va à des activités dans cette ville.

→ PORTRAIT. Philippe Da Costa, un passionné d’éducation à la tête de la Croix-Rouge

Pour nous, c’est aussi l’occasion de communiquer sur la Croix-Rouge. Car si le grand public connaît notre activité de secours, il connaît moins tout ce que nous faisons au quotidien.

Quel est le cœur de vos activités aujourd’hui ?

CDP : Nous appliquons toujours le triptyque « prévention/éducation, protection, rétablissement » à l’ensemble de nos activités : urgence, santé, action sociale et médico-sociale et solidarité internationale. Mais nous avons changé les choses. Notre projet associatif vise à mieux préparer nos concitoyens à faire face aux crises et mise sur l’innovation.

Par exemple, côté prévention, nous avons mis en place des bus qui vont à la rencontre du public, dans les quartiers ou en milieu rural, pour réaliser des actions de dépistage ou de sensibilisation dans le domaine de la santé. Nous avons également développé des cours de français langue étrangère.

→ LIRE. Migrants, au bureau de réunion de la Croix-Rouge

Nous travaillons également sur l’engagement tout au long de la vie en proposant des « options Croix-Rouge » dans certains collèges et lycées, où les élèves peuvent apprendre les gestes qui sauvent, découvrir les valeurs de l’engagement, le droit international humanitaire… Aujourd’hui, 30 établissements proposent ce type de option. Nous souhaitons décupler ce chiffre dans les trois prochaines années.

En termes d’interventions, le mouvement Croix-Rouge est présent dans presque toutes les crises du monde. En France, nous avons encore une activité de formation très importante : nous formons 60 000 personnes par an aux premiers secours de niveau PSC1 et ceux qui le souhaitent peuvent se perfectionner.

Comme nous serons sollicités pour de grands événements sportifs, nous devrons renforcer les équipes : nous souhaitons avoir 3 000 à 5 000 secouristes de plus d’ici deux ans, en plus des 10 000 actuels. Des techniques d’intervention sont également développées, par exemple en développant des tentes réfrigérées pour mieux accueillir les sinistrés en cas de canicule.

Enfin, nous sommes toujours présents dans plus de 600 établissements qui viennent en aide aux personnes en difficulté, des crèches aux maisons de retraite en passant par les EHPAD et les établissements liés à la gestion du handicap. Là aussi, nous innovons. Par exemple, pour les établissements recevant des personnes âgées, nous sommes très attentifs à maintenir une qualité de prise en charge, mais nous essayons aussi de les mettre en contact avec les autres générations. A Nantes, une résidence d’autonomie comprend également une crèche et un centre parental.

La Croix-Rouge est aussi très présente sur la crise ukrainienne…

CDP : Sur place, le Comité international de la Croix-Rouge a pris en charge le volet humanitaire. Nous, la Croix-Rouge française, avons transporté près de 700 tonnes de matériel vers l’Ukraine.

Il faudrait également ouvrir deux délégations en Roumanie et en Moldavie, qui accueillent de nombreux déplacés, pour aider la Croix-Rouge locale dans ses missions. En France, nous avons accueilli des dizaines de milliers d’Ukrainiens, dans des gares, des centres d’accueil, des pôles humanitaires, des trains… En lien avec les préfectures, nous avons aussi aidé à trouver un logement, distribué des produits de première nécessité ou effectué des consultations de santé…

En 15 jours, nous avons mis en place « Hello Red Cross », une plateforme numérique, couplée à une plateforme téléphonique, où les déplacés et leurs aidants peuvent obtenir toutes les informations sur leurs droits, et les lieux où ils peuvent trouver de l’aide. help, en français, ukrainien, russe et anglais.

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