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cette livreuse pour Stuart décrit un système « immoral, irrespectueux, pas professionnel du tout »

Ses livreurs ont envahi les villes françaises. Mais comment cette plateforme de livraison, qui travaille aussi bien avec Franprix ou Nespresso qu’avec des commerces indépendants de proximité, parvient-elle à satisfaire ses clients en un temps record ? Si la start-up française Stuart communique beaucoup sur son service éco-responsable à vélo, « Envoyé spécial » a recueilli le témoignage d’une livreuse qui dit pourtant travailler avec sa voiture personnelle. Sous couvert d’anonymat, elle décrit la face cachée d’un système qui lui aurait été imposé. Un système qu’elle décrit comme« immoral, irrespectueux, pas professionnel du tout ».

Les journalistes du magazine l’ont accompagnée lors d’une de ses tournées. Comme les livreurs à vélo ou à scooter, elle est géolocalisée par l’application, qui lui propose des courses. Mais contrairement à ces livreurs à deux roues, rien ne la distingue des clients lorsqu’elle vient chercher une commande au supermarché : ni sac ni gilet portant l’enseigne de son employeur.

Elle affirme n’avoir aucun statut légal : ni indépendante, ni intérimaire, et pas de contrat de travail… La plateforme passerait par un sous-traitant pour la rémunérer, et celui-ci lui aurait imposé l’illégalité en la rémunérant par des virements effectués à son compte bancaire, sans émettre de fiche de paie. Ainsi, son travail pour Stuart ne serait pas déclaré : « Nous sommes totalement noirs« , affirme-t-elle.

Une commission de 25% pour l’intermédiaire ?

Pas de fiche de paie, selon elle, donc pas de cotisations sociales, pas d’assurance professionnelle en cas d’accident du travail ou de soucis mécaniques avec sa voiture… et des conditions de travail parfois difficiles, comme ce colis de 50 kilos qu’elle peine à rentrer. son véhicule. Elle n’aurait aucune assurance pour l’objet qu’il contient, dont le bon de livraison indique une valeur de plus de 2 000 euros.

Ce jour-là, pour deux heures et demie de travail, l’application lui indique qu’elle touchera 18,60 euros. Un montant sur lequel l’intermédiaire prélèverait 25% de commission. « il me reste 13,95 euroselle calcule, et sur le 13.95, je sors l’essence, donc il ne me reste plus grand chose. Pour trois heures de travail.« 

Extrait de « Livraison : fraude à fond ? », une enquête à voir dans « Envoyé spécial » le 23 juin 2022.

> Les rediffusions des magazines d’information de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique « Magazines ».



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