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Nouvelles locales

Ces objets d’un autre temps encore utilisés au Japon


Envoyer un message par fax ou télégramme, passer des appels avec un téléphone à clapet, faire ses comptes sur un boulier… Si, dans l’imaginaire collectif, le Japon est associé à l’innovation et à la pointe de la technologie, cet archipel de paradoxes conserve un goût marqué. pour des objets jugés obsolètes par ailleurs. Faut-il y voir un trait caractéristique des Japonais ? Chercher une explication au phénomène dans cette culture « reviendrait à entrer en territoire dangereux », estime l’Américain John Mock, anthropologue et professeur à l’Université Temple de Tokyo. Le phénomène n’est pas purement japonais, et les raisons expliquant la persistance de chaque objet varient : cela ne sert donc à rien de créer artificiellement des liens qui n’ont aucune raison d’exister. Et comme l’ajoute John Mock, « parfois c’est simplement parce que l’ancien système est meilleur que le nouveau ». Pensons au fax, qui a toujours connu un grand succès au Japon, qui permet de dessiner bien plus simplement que les nouvelles technologies quelque chose sur une feuille volante et de l’envoyer à un interlocuteur qui le recevra sous une forme identique à celle du fax. original… Sans parler du vieillissement de la population : quelque 30 % des Japonais ont plus de 65 ans, et ce fossé générationnel freine l’adoption des nouvelles technologies.

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Lorsque le goût des procédés vintage affecte les administrations, il faut aussi constater une « forme d’inertie liée aux multiples couches de la bureaucratie », ajoute l’anthropologue. Les modes opératoires et les consignes se perpétuent même lorsque chacun en perçoit les inconvénients. Ou, plus trivialement, « certaines localités et administrations conservent des machines anciennes parce que les remplacer coûterait trop cher et qu’elles n’en voient pas l’utilité tant qu’elles fonctionnent », estime Kyle Cleveland, sociologue et également américain basé à Tokyo. . « Quel objet reste ou est remplacé ? » demande Ayumi Takenaka, sociologue à l’université Ritsumeikan de Kyoto. En réalité, cela dépend de la nécessité et de l’aspect pratique. Pratiques ou pas, les incongruités temporelles que nous vous présentons dans ces pages assument en tout cas leur charme rétro !

LE  » gacha-gacha », pour des surprises sans fin

Deux ou trois pièces de 100 yens (entre 1,5 et 2 euros), un coup de volant et, bing !, une capsule tombe au hasard par l’ouverture du distributeur. LE gacha-gacha sont alignés en batteries par dizaines, voire centaines, dans les gares, les hypermarchés, les espaces dédiés des rues commerçantes. Les capsules qu’elles contiennent contiennent un objet (figurine, porte-clés, aimant…) qui appartient à une série thématique (personnages de mangas, trains, voitures…). Existant depuis 1965, ils connaissent leur quatrième essor, et le chiffre d’affaires annuel du secteur avoisine les 350 millions d’euros. «Auparavant destinés aux enfants, ils ciblent désormais aussi les adultes», explique Natsuko Ota, auteur d’une thèse sur ce sujet. «Ceux qui ont grandi avec sont enclins à l’acheter», confirme Katsuhiko Onoo, secrétaire général de l’Association japonaise des gacha-gacha. Et ce n’est qu’au Japon que l’on voit une telle offre destinée aux adultes progresser. Chaque mois, elle s’enrichit de quelque 300 nouvelles séries de capsules thématiques ! « Il y a une forme de nostalgie, mais le contenu est nouveau », souligne la sociologue Ayumi Takenaka.

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Le télégramme, solennel mais rapide

Besoin d’adresser en urgence et cérémonieusement un message de condoléances, d’encouragement pour un examen, de félicitations pour une mutation ou encore de vœux d’anniversaire ? Une solution : le télégramme ! Pour certains particuliers et professionnels japonais, ce service qui sent bon le siècle dernier reste le moyen le plus approprié, plus rapide que le courrier, plus respectueux et plus mémorisable que l’e-mail. L’opérateur historique de télécommunications NTT n’en a pas fini avec les télégrammes (il en a même envoyé 4 millions en 2020), mais il les a modernisés. Le message peut désormais être envoyé par l’expéditeur via Internet et remis au destinataire le jour même ou le lendemain. Et les télégrammes ne sont plus que des bouts de papier : ils sont souvent accompagnés d’un objet approprié à l’occasion, une jolie carte, des fleurs, des tasses, une photo encadrée, etc. Le service coûte en moyenne 12 euros.

LE  » Hanko », un sceau très formel

Les sceaux officiels (en métal, résine, certains bois, etc.) sont personnalisés. D’autres, comme ceux-ci pour les noms communs, sont fabriqués en plastique et vendus dans les bazars pour des procédures sans importance. Bloomberg/Getty Images

Parapher un contrat, accuser réception d’une lettre recommandée… au Japon, on ne sort pas son stylo mais son Hanko. Aussi appelé inkan, Ce sceau personnel, réalisé à son nom dans un magasin spécialisé selon des critères précis, fait office de signature. Utilisé à l’encre rouge, il est déposé auprès de la mairie et d’une banque et aucun adulte ne peut a priori s’en passer dans la vie quotidienne – même s’il est parfois remplacé par un modèle standard ou une signature manuscrite pour des démarches sans importance. Dans les entreprises et les administrations, elle est présente à chaque niveau de la hiérarchie. Même au début de la pandémie de Covid-19, de nombreux employés et fonctionnaires ont continué à se déplacer physiquement pour apposer leur sceau sur divers documents. Le recours généralisé au télétravail a accéléré le recours au cachet électronique, et le ministre de la Transition numérique, Tarō Kōno, milite pour la suppression du cachet électronique. Hanko professionnel. Mais d’autres hommes politiques s’y opposent. Minoru Kiuchi, ancien ministre et président de la Fédération des parlementaires pour la protection du dispositif et de la culture du sceau au Japon, estime que « la numérisation ne se justifie qu’au vu du bénéfice réel apporté au citoyen : elle ne doit pas être un objectif ». en soi.

Le boulier, un sport cérébral

Le boulier possède de nombreuses vertus pour le développement de l’hémisphère droit du cerveau. Bibliothèque d’images science et société / GETTY IMAGES

Le petit Haruto pose son panier rempli de bonbons sur le comptoir. Dans l’ancienne boutique du quartier Shinagawa de Tokyo, la vendeuse de bonbons octogénaire la dessine aussitôt soroban (boulier japonais), en passant vos doigts sur les boules (plutôt des mini hauts) pour additionner le total. «Je l’utilise aussi de temps en temps, c’est un bon sport cérébral», explique la sociologue Ayumi Takenaka. Le boulier possède de nombreuses vertus « pour le développement de l’hémisphère droit du cerveau (calcul, concentration, persévérance) », selon Kimiko Kono, chercheuse en neurosciences à l’université Waseda, qui a réalisé diverses études sur ce sujet. Des milliers d’écoles existent à travers le pays et des tournois voient des enfants et des adultes capables d’additionner, de soustraire, de diviser et de multiplier mentalement à une vitesse vertigineuse en utilisant cet outil. Une pratique qui n’est pas uniquement japonaise : selon la fédération japonaise, elle est enseignée dans 108 pays.

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Télécopies, pplus présent que les consoles de jeux

Le fax est encore présent dans un foyer japonais sur trois. Photothèque AGB / Getty Images

Treize modèles différents de télécopieurs flambant neufs s’alignent sur les étagères d’un temple de l’électronique à Tokyo. Sommes-nous dans les années 1990 ? Non : en février 2023 ! Le fax est présent dans un foyer japonais sur trois (33,6%), selon une enquête du ministère de l’Intérieur et des Communications de 2020. C’est plus que les consoles de jeux vidéo (29,8%). Amis et familles échangeant des messages, mangakas envoyant à leurs éditeurs les pages de synopsis du prochain épisode… Son côté immédiat et pratique (envoyer un message manuscrit sur une feuille volante) plaît toujours aux fans. personnes. Il en est de même dans certains secteurs professionnels : c’est par fakkusu que les médecins locaux échangent des dossiers médicaux et des prescriptions entre collègues ou avec des pharmaciens, évitant ainsi qu’Internet transmette ces données sensibles.

Disquettes, tavant que ça marche…

En avril 2022, l’utilisation d’une disquette pour transmettre des données à une banque de données de la mairie d’Abu (sud-ouest du pays) a entraîné une erreur informatique et un citoyen a ainsi reçu indûment 46 millions de yens (330 000 euros) ! Un bug possible uniquement au Japon, où certaines entreprises et administrations utilisent encore le fameux furoppi (de l’anglais disquette). Tant que les appareils fonctionnent, ils ne peuvent pas être modifiés et les documents nécessaires à telle ou telle démarche administrative doivent donc être déposés sur disquette. Mais la règle est encore en train d’être modifiée.

➤ Rapport publié dans le magazine Hors Série GEO Japon, n°42à partir de mai-juin 2023.

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Malagigi Boutot

A final year student studying sports and local and world sports news and a good supporter of all sports and Olympic activities and events.
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