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au Havre, la formation en héritage

Le plus ancien club de football de France – 150 bougies soufflées cette année – perpétue une tradition bien ancrée. Alors qu’il a terminé, samedi 14 mai, en première mi-temps du championnat de Ligue 2 (8e), Le Havre reste l’une des principales usines à talents du football français. C’est même le club qui avait formé le plus de joueurs parmi les 23 Bleus sacrés champions du monde en 2018 – à égalité avec Lyon.

Si Benjamin Mendy (Manchester City) – qui sera jugé cet été en Angleterre pour sept viols et une agression sexuelle – ne sert plus de modèle en Normandie, des photos de Paul Pogba et Steve Mandanda tapissent encore les couloirs de la Cavée verte, la centre de formation au HAC (Havre Athletic Club).

Onze joueurs formés au club sur les vingt-sept têtes d’affiche de l’effectif professionnel

Parmi la myriade de grands noms qui ont appris le football sur les terrains de la cité portuaire durant leur adolescence, plusieurs joueurs se rendent la pareille. Florent Sinama-Pongolle serait encore venu taper quelques balles avec les jeunes ces dernières semaines, confie-t-on depuis l’un des trois rectangles verts qui jouxtent les locaux, en périphérie de la ville. Le retraité et ancien home, passé par Liverpool, est arrivé au club alors qu’il avait 11 ans. Considérons l’âge moyen observé le mercredi matin, jour de la détection.

Une brise tenace ébouriffe les cheveux de la trentaine de candidats issus des clubs voisins de Sainte-Adresse, Montgaillard ou Gonfreville-l’Orcher. Sur la pelouse synthétique du terrain central, un ailier droit malmène les chasubles bleues et attire l’attention. Les centres sont encore imprécis, le sens collectif n’est pas vraiment acquis, mais le rang des éducateurs flaire « l’intelligence du jeu, avec et sans ballon ».

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Les quelques élus gagneront des entraînements plusieurs fois par semaine au club, dès la rentrée. Une passerelle souvent indispensable pour intégrer le centre de formation à 13 ans, qui les accompagnera pendant quatre ans jusqu’à ce qu’ils puissent espérer frapper à la porte des pros. Leurs chances seront bien réelles. Cette saison, onze joueurs ont été formés au club sur les vingt-sept têtes d’affiche de l’effectif professionnel, dont cinq figuraient parmi les onze les plus utilisés.

Un centre de formation « à taille humaine »

Ces chiffres expliquent la bonne note accordée au club par la Fédération française de football (FFF) dans son dernier classement des centres de formation, où le HAC n’était devancé que par les poids lourds de l’élite et Toulouse – qui reviendra en Ligue. 1 la saison prochaine – et donnait la priorité à Nantes ou Bordeaux. « Nous attachons autant d’importance à l’entrée qu’à la sortie du centre », confirme François Rodrigues, le directeur de la formation havraise.

Avec une cinquantaine de places au total, le centre se distingue par sa « dimension humaine », estime Franck Sale, responsable du recrutement depuis vingt ans, à la tête d’un groupe de sept encadrants.  » On pourrait être tenté d’intégrer beaucoup de joueurs afin de faire le maximum de plus-values ​​à la revente, mais ce n’est pas la quantité de joueurs qui nous intéresse, c’est leur qualité. »

Priorité aux jeunes de l’agglomération havraise

Si le club peut prospecter chez ses voisins de la région Ile-de-France, qui compte le plus de licenciés avec la FFF, pour récupérer les espoirs les plus jeunes dont le Paris-Saint-Germain, par exemple, ne voulait pas, le « ciel et marine « , selon l’expression empruntée aux couleurs du club, « donne la priorité aux jeunes de l’agglomération havraise »explique Alexandre Lerond, éducateur.

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Les guides – une trentaine au club – expliqueraient aussi la différence havraise. « Beaucoup de clubs prennent des éducateurs en les recrutant, alors que la plupart d’entre nous sont formés au sein du club », analyse Jean-Pierre Louvel, emblématique président du HAC de 2000 à 2015. Ils devraient bénéficier dans les prochaines saisons d’une Cavée verte rénovée, lieu d’accueil du centre de formation depuis sa création en 1984, mais foyer depuis la fin de la Première Guerre mondiale et jusqu’au début des années 1970 déjà, des réunions de l’équipe professionnelle.

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Le club ne se vend plus aussi bien qu’avant

Jean-Alain Boumsong, Souleymane Diawara ou Lassana Diarra, tous anciens joueurs internationaux, ont bâti la réputation du centre de formation du Havre. Jusqu’aux plus récents Dimitri Payet (en pré-formation uniquement), Guillaume Hoarau – tous deux profitant du partenariat tacite entre le club et l’île de La Réunion -, Riyad Mahrez et Ferland Mendy.

Mais depuis 2016 et le transfert record de Lys Mousset pour 7,3 millions d’euros, le HAC ne profite plus autant de ses meilleurs atouts, à l’image du départ, libre cet hiver, de Yahia Fofana, le dernier visage en date de l’excellence normande en matière de gardien de but.

Cela explique, en partie, les difficultés financières du club. Conséquence : une coupe est attendue dans le budget alloué à la formation et aux femmes, qui devrait passer de 5 à 3,8 millions d’euros. Plusieurs éducateurs ont déjà annoncé leur départ.

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