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Attentats de novembre 2019 en France : la défense d’Abrini appelle à « une peine juste »


Il est « coupable », « il assume », il « sera condamné » et « il le sait ». La défense du Belge Mohamed Abrini a plaidé jeudi pour une peine « juste » pour celui qui « n’a jamais cessé de douter » et a « pu » renoncer à participer aux attentats du 13 novembre 2015 en France.

Les avocats généraux ont requis la réclusion à perpétuité contre Mohamed Abrini, ami d’enfance de Salah Abdeslam, seul survivant des commandos qui ont tué 130 personnes à Paris et en banlieue.

Mohamed Abrini est « l’homme au chapeau » identifié sur vidéosurveillance à l’aéroport de Bruxelles le jour des attentats de mars 2016, juste avant qu’il n’abandonne son chariot d’explosifs et ne prenne la fuite.

Devant la cour d’assises spéciale de Paris en mars et pour la première fois, le Belge de 37 ans avait reconnu qu’il était aussi « prévu » pour les attentats du 13 novembre 2015 – comme le soupçonnait le parquet – mais qu’il avait déjà fait marche arrière. .

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 2015, il avait quitté précipitamment la planque de la région parisienne et les 10 autres hommes des commandos qui s’apprêtaient à semer la mort.

« Ce n’est pas rien de renoncer à ce moment », insiste son avocate Marie Violleau.

On lui « montre juste sa chambre » et lui, « il s’en va ». « Ils le regardent tous (…) Il ne tiendra pas de kalachnikov, ne mettra pas de gilet explosif, il ne tirera pas au hasard sur les terrasses (de bars ou de restaurants parisiens). Le 13 novembre, il ne tuera personne ».

Oui, celle qui avait « bercé » la mort de son frère en Syrie – un moment « fondamental » qu’elle demande au tribunal de « comprendre » – a indéniablement apporté « une aide précieuse à la cellule », concède Me Violeau.

Quelques semaines avant les attentats, le « restaurateur le jour, cambrioleur la nuit » de Molenbeek a rencontré le coordinateur de la cellule puis a loué des voitures et des planques en région parisienne, avoue-t-elle.

Mohamed Abrini sera donc condamné pour « complicité », « il le sait ».

Et pourtant, « sachant que sa peine sera exemplaire, qu’elle ne changera pas grand-chose », il est « capable » à l’audience de « se désolidariser du reste de la boîte », de « raconter », « de se manifester sur le chemin de la vérité », note l’avocat.

Un « pas de géant », selon elle. « Deux pas en arrière », a déclaré le parquet, peu convaincu.

Elle a traité Mohamed Abrini de « lâche ». « La lâcheté est la chose la plus humaine », dit son avocat belge, M.e Stanislas Eskenazi, exhortant le tribunal à ne pas céder au « désir de vengeance ».

La « juste peine », plaide Me Violleau, ce n’est pas la réclusion à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté demandée par le parquet antiterroriste mais « 30 ans » – « avec la peine de sûreté que vous souhaitez ».



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