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Après le gel et la sécheresse, le déluge…

C’est ce qu’on appelle une série noire. Sauf que cela n’est pas dû au hasard mais très probablement au changement climatique, dont les agriculteurs sont parmi les premières victimes. Ces derniers font face à une année 2022 cataclysmique qui n’est clairement pas synonyme de prospérité. Ils ont déjà dû affronter le gel dévastateur du printemps, puis une sécheresse majeure et inquiétante en mai, qui devrait durer tout l’été, selon les prévisions de Météo France. La triste série s’est poursuivie le week-end dernier avec un intense épisode orageux qui a touché 65 départements français.

Une femme s’est noyée à Rouen (Seine-Maritime), coincée sous une voiture après avoir été emportée par une coulée de boue, et quinze personnes ont été blessées dont deux grièvement. Au-delà du terrible bilan humain, les dégâts sont aussi gigantesques dans l’agriculture. La présidente de la FNSEA, principal syndicat du secteur, Christiane Lambert, évoque une « véritable catastrophe ».

Ce week-end, le ciel noir a été traversé par près de 50 000 coups de foudre à travers le pays. Les rafales ont même dépassé les 100 km/h par endroits. La pluie battante et les grêlons – mesurant parfois plus de trois centimètres de rayon – s’abattaient partout. Les filets anti-grêle n’ont pas suffi : les vignes comme les champs de blé, d’orge, de maïs ou de soja ont été dévastés. Des mois de travail réduits à néant en quelques instants. Des dizaines de fermes se retrouvent dans un désordre indescriptible. « Quand il s’agit de grêlons de la taille d’une balle de ping-pong ou de tennis, même les toits en tôle des immeubles sont percés, a commenté Christiane Lambert auprès de l’AFP. Il n’y a pas de protection possible. »

 » catastrophe naturelle « 

Si l’étendue des dégâts est en cours d’évaluation par les services de l’Etat, la FNSEA « plus de 40 départements » touchée par la grêle, du Gers à l’Allier en passant par les Yvelines et le Morbihan. C’est, selon Gérald Darmanin, « la première fois depuis vingt ans » que tant de zones du territoire sont simultanément frappées par des tempêtes. Le ministre de l’Intérieur promet de demander à Élisabeth Borne, la Première ministre, de décréter « l’état de catastrophe naturelle » d’ici à  » fin de semaine « .

La question se pose désormais de l’indemnisation des agriculteurs victimes, pour qui les pertes sont colossales. D’autant que le dernier événement compromet parfois les récoltes 2023, notamment en viticulture où seul un agriculteur sur trois est assuré. Les autres ne peuvent compter que sur la solidarité nationale. C’est pourquoi Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture, a annoncé lundi une série de mesures visant à soulager les exploitations. Parmi elles, l’étalement du remboursement des emprunts garantis par l’État ou « allègement de charges sociales, exonération de la taxe foncière non bâtie ». En attendant l’entrée en vigueur, prévue au 1er janvier 2023, de la réforme de l’assurance-récolte, censée aider les agriculteurs à s’assurer contre les aléas climatiques.

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