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Apprendre le français |  presse


Le nouveau vice-président des opérations hockey des Canadiens de Montréal, Jeff Gorton, s’est assis pour la première fois devant la délégation de journalistes sportifs avec l’épinglette CH sur sa veste. Il a parlé, en faisant, d’emblée, son effort de gouverneur général du Canada, en allant au son : « Bonjour à tous. C’est avec une grande fierté que j’ai accepté le poste de vice-président des opérations hockey avec les Canadiens de Montréal. La plus grande franchise de l’histoire du hockey, avec pour objectif de ramener la coupe Stanley à Montréal. Merci Geoff Molson pour cette confiance.  »



Puis il quitta son texte des yeux, regarda le public et implora :  » j’espère que c’était OK ? » Rires épars. Dans sa tête on entendait :  » C’est fait mon dieu !  »

Oui, c’était bien. Encore plus que OK, si on le compare à Saku Koivu en 10 ans de capitanat.

Gorton a ajouté, en anglais, qu’il allait essayer d’apprendre notre langue et qu’il fallait être patient avec lui. Un journaliste lui a demandé ce qu’il entendait par apprendre notre langue : allait-il se contenter de quelques mots usuels ou allait-il vraiment la parler ? Il a répondu qu’il aimerait être aussi bon que possible, que sa femme lui a acheté un programme de cours de français, mais qu’il ne peut rien promettre, car il y a 30 ans, il a essayé de devenir bon. au golf et il est toujours pourri. Rire généralisé.

Alors, faut-il s’attendre à ce que Jeff Gorton améliore sa connaissance du français durant son règne, ou les 32 secondes consécutives prononcées vendredi resteront-elles, dans les annales, son plus long discours à vie dans la langue de Serge Savard ?

Beaucoup répondront à cette question : On s’en fout ? L’important n’est pas que le gars qui prend les décisions concernant le hockey des Canadiens sache parler français; l’important c’est qu’il sache faire gagner le Canadien !

Dit ainsi, il se défend, mais la réalité est bien différente. Une équipe sportive ne fait pas que gagner. Surtout pas tout le temps. Mais ce qu’une équipe sportive fait, tout le temps, c’est vivre avec la ville qu’elle représente. Les bons et les mauvais jours.

Cela fait 54 ans que les Maple Leafs de Toronto ont remporté la coupe Stanley, pourtant ils n’ont jamais essayé de mettre un francophone à leur tête, encore moins un francophone unilingue! Ils ont toujours eu un leader capable de communiquer dans la langue de la majorité des médias et des supporters de leur ville. Pour vivre le hockey avec eux.

Des anglophones liés au Bleu-blanc-rouge qui ont réussi à établir un dialogue avec les Français, il y en a eu dans la grande histoire du Tricolore : Scotty Bowman, Larry Robinson, Bob Gainey… Même Sam Pollock, qui était de la à l’époque de la vendeuse chez Eaton, répondu aux questions de Lionel Duval en français, Soirée de hockey. Ce n’est sûrement pas un hasard si cela remonte à la belle époque.

Depuis les temps difficiles, très rares sont les anglos tricolores qui acceptent de donner des interviews dans la langue de JiC, à l’exception du propriétaire, Geoff Molson, un exemple à suivre pour tous les hauts lieux du Québec.

Vous me direz que tout le monde n’est pas doué en langues, que ce n’est toujours pas de leur faute, s’il s’avère que le pauvre Jeff Gorton est aussi bon en français qu’en golf. Cela n’a rien à voir : 100 % de tous les Québécois unilingues francophones qui se joignent à la LNH parviennent à apprendre l’anglais, assez bien pour comprendre les directives de la entraîneur et discuter avec garçons.

Il y a même des Québécois unilingues francophones qui parviennent à maîtriser suffisamment l’anglais, durant leurs années de hockey, pour devenir entraîneurs et à son tour diriger les joueurs de la LNH dans la langue de Don Cherry. Pourquoi ? Parce qu’ils le veulent. Pourquoi le veulent-ils ? Parce qu’ils n’ont pas le choix.

Le problème avec Jeff Gorton, c’est qu’il a le choix. Car il aura à ses côtés un directeur général parfaitement francophone. C’est bien pensé. Sauf qu’on aimerait le grand chef du hockey être capable de s’exprimer dans la langue du nom de la franchise : Canadien avec un e. Je sais, je sais, ce sera deux gros chef. Égal. Bien sûr, si égaux qu’il y en a un qui choisit l’autre. Nous ne sommes plus dans Thé Bachelier qu’en Occupation double !

J’oserais demander à Jeff Gorton d’apprendre le français avec autant de détermination qu’il en a mis à apprendre le golf. Il peut même consacrer la moitié des heures passées sur les terrains de golf à ses cours de français. Il verra que les résultats seront tellement plus satisfaisants !

Qu’est-ce que ça va changer ? Le Canadien sera-t-il meilleur? D’une certaine manière, oui. Car son décideur aura conscience d’une des identités, autrefois essentielles, de cette équipe : permettre à une diversité de réaliser son rêve. Le désir de ceux qui n’ont pas la vie facile réalise souvent de grandes et grandes choses. À 24 Coupes Stanley.

En retour, on se promet de crier : « Allez Habs, allez ! « 

Vous pouvez voir que nous pouvons nous entendre.

Bonne chance pour le gras travail Dans votre attente!

Vous pouvez voir que le français est facile à comprendre!



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