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Anglais à New York, sois toi-même


Entre sonorités jazz puissantes et break rock, un anglais à New York est une chanson qui combine deux aspects de la vie de Sting. Dans la forme donc, il rappelle à la fois ses débuts de musicien de jazz dans les clubs de Newcastle, avec The Phoenix Jazzmen, lorsqu’il n’était encore que Gordon Matthew Thomas Sumner, sa contribution à l’histoire du rock (mélangé au reggae) avec The Police et le cosmopolitisme. de la Grosse Pomme. Au fond, il semble évoquer son déracinement en tant que sujet britannique transplanté aux États-Unis. Sauf que… ce n’est pas son histoire que raconte Sting, mais celle de Quentin Crisp.

un anglais à New York est sorti en 1987, en Rien de tel que le soleil, deuxième album solo du chanteur anglais. La pièce ne suscite pas l’enthousiasme du public (au mieux 86e dans le Billboard Hot 100), mais connaîtra le succès trois ans plus tard grâce au DJ néerlandais Ben Liebrand, dont le remix fera le tour du monde. Mais c’est bien la version originale qui fait depuis le bonheur des radios musicales, assure les royalties de Sting et dont le clip, signé David Fincher, a été visionné plus de 300 millions de fois sur YouTube… Le vrai Quentin Crisp y apparaît. Nous y reviendrons.

Sting se glisse dans la peau d’un « extraterrestre », littéralement un étranger, venu d’Angleterre à New York. Il décrit toutes les petites différences qui peuvent exister entre deux peuples cousins ​​: « Je ne bois pas de café, je prends du thé ma chérie. J’aime mon toast fait d’un côté. Et vous pouvez l’entendre dans mon accent quand je parle, je suis un Anglais à New York. » (« Je ne bois pas de café, je bois du thé. J’aime que mes toasts soient grillés d’un seul côté. Et vous l’entendez à mon accent, je suis un Anglais à New York. »)

Ça forge un homme à tolérer la bêtise avec le sourire. (…) La gentillesse et la modération sont rares dans cette société »

Mais si l’on écoute attentivement leur sens, d’autres paroles apportent un sens plus profond. « Il faut un homme pour souffrir de l’ignorance et sourire. Reste toi-même ne prend pas en compte ce qu’ils disent » et plus loin, « La douceur, la sobriété sont rares dans cette société ». (« Ça forge un homme à tolérer la bêtise avec le sourire. Soyez vous-même et ne vous souciez pas des ouï-dire. (…) La gentillesse et la modération sont rares dans cette société ».) Intrigante ? Pas si nous connaissons le destin de Crisp…

Homosexuel en Grande-Bretagne

Vers la fin de 1986, Sting – qui avait quitté The Police et déjà sorti un album solo – rencontre Quentin Crisp. Ce dernier l’invite à dîner et lui raconte, ce soir-là et les trois suivants, à quoi ressemblait la vie des homosexuels en Grande-Bretagne entre les années 1920 et les années 1960. Une société largement homophobe, et une époque « où c’était dangereux d’être comme ça », a rapporté Sting dans le magazine temps libre en octobre 1987 : « Les gens le frappaient tous les jours, avec l’assentiment des badauds. » Crisp connaît depuis longtemps ses penchants sexuels : moqué durant son enfance, son adolescence, il découvre Soho dans les années 1930, et sa communauté gay, il commence à porter des vêtements féminins, à se maquiller.

Icône CitationAffrontez vos ennemis, évitez-les quand vous le pouvez »

Son « perversion sexuelle », selon l’armée, l’empêche de rejoindre les forces alliées. Mais, paradoxalement, c’est lorsqu’il rencontre des GI à Londres qu’il décide de quitter son pays pour une Amérique plus tolérante afin de ne plus avoir à se cacher. Là, dans une communauté sexuelle et artistique qui lui correspond, il abandonne son métier de dessinateur technique : mannequin, écrivain, il devient une icône gay. Enfin libre d’être lui. « Le reste du monde cherchait une arme pour exterminer ce monstre (homosexualité – ndlr) dont la forme et la taille n’étaient ni connues ni même soupçonnées. On croyait qu’il était d’origine grecque, plus petit que le socialisme mais plus meurtrier, surtout pour les enfants. écrit-il dans sa biographie, Nu officiel.

Sting est un chanteur engagé. Il a participé à la création de la Rainforest Foundation (qui défend les peuples indigènes des forêts tropicales), jusqu’à récemment soutenu les migrants lors des concerts d’Amnesty International… Il ne pouvait pas fuir ce combat : « Affrontez vos ennemis, évitez-les quand vous le pouvez » (« Affrontez vos ennemis, évitez-les quand vous le pouvez »). « Bien sûr, je pense que c’est le gars le plus courageux que je connaisse. Quentin est un de mes héros », a expliqué la chanteuse anglaise au magazine Rock express en 1988. Mais la chanson ne parle pas « pas seulement l’homosexualité » : «Elle veut être soi-même, ne pas se conformer à la norme. »De plus, Sting voulait que Quentin Crisp apparaisse dans le clip de Fincher. On le voit, serein et souriant. A mille lieues, au propre comme au figuré, du sort qu’il a évité…


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