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Alceste c’est le théâtre mis à nu et c’est célébré

Correspondant

« En juillet 2020, les théâtres s’étaient tus (…) J’ai ressenti cette mort comme si toute l’humanité allait bientôt disparaître… ». Anne Delbée, qui met en scène « Alceste ou l’acteur fou » s’est emparée de cette période blanche (ou noire, si vous préférez) pour créer un nouveau spectacle… sur le théâtre. Et c’est un régal lumineux qui mérite l’attention.

L’histoire se déroule il y a quelques siècles, puisque l’arrivée (presque fantomatique) de Molière est même évoquée, comme un hommage forcément incontournable, même s’il était initialement involontaire, précise l’auteur. Et c’est dans le théâtre désormais vide que tout se passe. Après une représentation du Misanthrope, le metteur en scène, Capitaine, qui incarnait Alceste, et Isidore, interprète de Philinte, restent sur le plateau. Les deux acteurs, Valentin Fruitier et Emmanuel Barrouyer, sans quitter les rôles qu’ils viennent d’interpréter, passent la nuit à refaire le monde du théâtre. Et c’est savoureux, drôle, souvent excessif, brillant dans l’interprétation.

Anne Delbée, infatigable, qui prépare pour 2023 les mises en scène de Bérénice de Racine, et l’Enlèvement de Lucrèce de Benjamin Britten, s’interroge dans cet « Alceste » sur l’interprétation de Célimène. Cette jeune veuve, pivot de la pièce, et personnage enveloppé de « mystère ». Citant Louis Jouvet : « Personne n’a jamais fermé la porte aux esprits » Anne Delbée a conçu ce « Comédien fou » au Théâtre de La Contrescarpe à Paris, « sans décor, sans date, sans horizon » mais avec une solide conviction : « Dionysos , le dieu du théâtre, grâce aux acteurs nous dit une fois de plus que nous sommes vivants et que cela doit être célébré ».

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