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Age minimum aux JO : bientôt la fin des bébés sportifs ?

Une petite révolution s’opère dans les coulisses des sports olympiques. Quelques mois après l’affaire Kamila Valieva aux Jeux de Pékin 2022, la question de l’âge minimum pour concourir en seniors commence peu à peu à faire son chemin. Grande favorite pour la médaille d’or à seulement 15 ans, l’adolescente russe avait craqué sous la pression, le 17 février, lors du programme libre après s’être retrouvée au centre d’un scandale de dopage. Un naufrage, aussi rare que surprenant, qui avait mis en lumière les excès auxquels peut conduire l’absence de limite d’âge.

Cadences infernales et surexposition médiatique

Sous le feu des projecteurs après les répercussions de cette affaire, la Fédération internationale de patinage (ISU) a voté en juin un âge minimum de 17 ans pour disputer les compétitions seniors à partir de 2024-2025. Objectif : protéger la santé physique et mentale des très jeunes sportifs de haut niveau, soumis à des rythmes infernaux et à une surexposition médiatique, et dont les carrières tournent parfois court.

Les athlètes « ont le droit de se développer en tant que personnes pendant leur adolescence », a déclaré le Dr Jane Moran, qui dirige la commission médicale de l’ISU. Si l’instance peut aisément expliquer que cette réforme était à l’ordre du jour avant même le scandale Valieva, une proposition similaire avait pourtant été rejetée en 2018 et celle de 2022 aurait probablement subi le même sort sans cette affaire.

Avoir des carrières plus longues

Le Comité international olympique (CIO) a également été contraint de réagir. Face à l’excitation suscitée par la détresse et les sanglots du jeune patineur, l’instance « recommandée », la 1euh April, aux fédérations internationales « de se pencher sur la question de l’âge minimum dans leurs sports et, le cas échéant, d’apporter les aménagements appropriés à leur réglementation ».

Mais, à deux ans des Jeux Olympiques de Paris 2024, le CIO s’abstient de fixer un âge minimum général pour participer aux Jeux Olympiques et Paralympiques, alors qu’il organise depuis 2010 des Jeux Olympiques de la Jeunesse réservés aux adolescents âgés de 15 à 18 ans, toujours éligibles. , pour l’instant, chez les seniors.

Au-delà de la santé psychologique, l’ISU espère, avec cette réforme, inciter les patineuses à mener des carrières plus longues, les garçons ayant une maturité physique plus étalée dans le temps. Pour réussir des triples voire des quadruples sauts, une silhouette élancée donne un avantage et, après la puberté, lorsque la taille s’épaissit, les sauts deviennent plus difficiles à maîtriser. Les patineurs se retrouvent alors sur la touche, remplacés par d’autres encore plus jeunes.

Beaucoup de pays ne veulent pas potentiellement se priver de médailles

« Plus on est petit, plus le centre de gravité est bas, donc on a un appui au sol plus facile et un meilleur équilibre, explique Annick Dumont, entraîneur national de nombreux patineurs, dont Brian Joubert ou Laëtitia Hubert. Un quadruple saut se fait en moins d’une seconde (0,7 ou 0,8), si vous êtes explosif, très léger en vitesse, c’est un avantage. »

Et d’ajouter : « Sur les 24 patineurs qui étaient en finale individuelle aux JO de Pékin, seuls quatre avaient plus de 20 ans. Il faut arrêter de faire des bébés athlètes. Ils montent sur un podium olympique à 15-16 ans, ils en redescendent, et c’est fini, ils tombent dans l’oubli. A cet âge-là, on n’est pas allé au bout de sa carrière. Beaucoup sombrent alors dans la dépression… »

Depuis la recommandation du CIO, aucun sport n’a, pour l’instant, suivi l’exemple du patinage, de nombreux pays ne voulant pas spécialement se priver potentiellement de médailles… En gymnastique féminine, l’âge minimum requis (16 ans depuis 1997, 18 ans pour hommes) ne semble pas près de changer.

Passer à travers les mailles du filet antidopage

La Fédération internationale de natation ne fixe toujours pas de limite d’âge pour la course – qui permettait par exemple à Gaurika Singh, une Népalaise de 13 ans, de concourir aux JO de Rio 2016 – mais l’âge minimum reste à 15 ans pour la natation synchronisée. et 14 pour la plongée. En skateboard, aux Jeux de Tokyo l’été dernier, quatre médaillées sur six dans les épreuves féminines avaient 13 ou 14 ans…

Avoir moins de 16 ans peut également vous permettre de passer entre les mailles du filet antidopage. Dans son règlement, l’Agence mondiale antidopage (AMA) considère un sportif de moins de 16 ans comme une « personne protégée », même s’il est contrôlé positif, ce qui a été le cas de Kamila Valieva (avec la trimétazidine, une molécule qui permet vous permet de maintenir une fréquence cardiaque plus élevée plus longtemps) avant les Jeux olympiques. La divulgation publique du résultat de l’audit n’est alors pas obligatoire. L’AMA considère à juste titre qu’à cet âge un enfant est sous l’emprise de son entraîneur, d’adultes ou même d’un Etat, et qu’il n’est pas responsable. La sanction peut alors être de l’ordre d’un simple blâme…

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