Nouvelles locales

à Toulouse, la Garonne au plus bas

Les images publiées sur les réseaux sociaux par la mairie de Toulouse, le 4 août, ont provoqué un choc : la Garonne, cette « océan (…) qui coule comme un tapis roulant » dans la voix de Claude Nougaro, est sec. Méconnaissable.

Sous le Pont des Catalans, le soleil tape sur les îlots de galets qui gagnent du terrain à mesure que le cours d’eau baisse. Des clichés particulièrement impressionnants qui ont accompagné l’annonce de nouvelles restrictions d’usage de l’eau potable, décidées par la préfecture de Haute-Garonne en réponse à l’épisode de sécheresse.

Au pied de la centrale hydroélectrique du Bazacle, le fracas de la cascade s’est estompé pour laisser place au ruissellement de l’eau. « En ce moment, nous battons chaque jour des records d’étiage (le débit minimum d’une rivière) »déplore Jean-Michel Fabre, président du Syndicat paritaire d’études et d’aménagement de la Garonne (Smeag).

De son poste d’observation, il guette les aigrettes et autres oiseaux qui n’ont qu’à tremper leur bec pour attraper la nourriture ramassée dans la passe à poissons. La quiétude de cette chaude matinée d’août cache une « situation de crise » : il y a deux fois moins d’eau en tout point du bassin qu’à l’habitude en août, en raison de la fonte précoce des neiges dans les Pyrénées, conséquence directe de la chaleur des mois de mai et juin.

Un niveau anormalement bas

Assis à la terrasse de la place Saint-Pierre, haut lieu de la vie étudiante toulousaine, Thomas n’en croit pas ses yeux : « Quand je pense qu’en juillet 2018, on s’est jeté à corps perdu du Pont-Neuf pour fêter le titre de champion du monde des Bleus, aujourd’hui on toucherait le fond »plaisante le jeune homme.

De plus, plus d’un tiers de l’eau qui passe aujourd’hui sous ce pont est injectée artificiellement depuis des réservoirs des Pyrénées. « Sans les 70 millions de mètres cubes d’eau dont nous disposons grâce aux barrages EDF, cela fait un mois que les Garonnais auraient connu des restrictions bien plus sévères »soutient Jean-Michel Fabre.

Pour le seul mois de juillet, 25 millions de mètres cubes d’eau ont été rejetés de ces lacs de montagne. C’est plus du double utilisé les années précédentes.

« En janvier, nous avions de l’eau jusqu’au cou. C’est de ne plus rien y inclure », souffle Raphaël, habitant d’un immeuble des bords de Garonne, en référence à la crue de plus de quatre mètres en début d’année.

Le septuagénaire a l’habitude de promener son bouledogue noir en bas. « En 30 ans, je n’ai jamais vu ça. Regarde, l’eau lui arrive à peine à mi-cuisse. Les pêcheurs peuvent traverser sans cuissardes »remarque-t-il. « Le niveau est déjà tombé aussi bas dans le passé, mais pas depuis un mois et demi »pèse Camille, ingénieur aéronautique qui sillonne quotidiennement la Garonne à vélo pour se rendre sur son lieu de travail.

Le spectre de l’épuisement des réserves d’eau

Le niveau de la rivière varie également d’un point à l’autre, notamment parce que la centrale hydroélectrique du Bazacle fait office de barrage. Si en amont, les rames descendent de l’île du Ramier, à douze kilomètres en aval, Florent Véron, moniteur de canoë-kayak, a dû fermer cette saison le circuit qu’il emprunte habituellement entre Blagnac et Gagnac : « Il ne reste que des flaques d’eau. Les bateaux grattent le fond, les clients sont obligés de descendre sans cesse. »

Un signe dont vous avez besoin « accélérer le rythme de la planification écologique », selon Jean-Michel Fabre, également vice-président du conseil départemental. Engagé dans le projet Garon’Amont, une assemblée citoyenne qui fait des recommandations pour une gestion durable de l’eau de la Garonne, il espère encore échapper au « pire scénario » : si la sécheresse se prolonge jusqu’en octobre, les stocks d’eau pourraient bien se tarir définitivement.



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