Nouvelles locales

A Porquerolles, un rêve labyrinthique d’Ulysse

Ile de Porquerolles (Var), correspondance.

Hors des sentiers battus, nichée dans la canopée de l’île de Porquerolles, la Fondation Carmignac accueille les visiteurs par petits groupes depuis juin 2018. Comme chaque année, un expert est invité à concocter une exposition d’art contemporain. Ainsi Francesco Stocchi, conservateur au Museum Boijmans Van Beuningen (Rotterdam), nous invite à suivre « le Rêve d’Ulysse », librement inspiré par jeOdyssée. Revenant aux anciens mythes méditerranéens, Stocchi leur emprunte la figure du labyrinthe pour réinventer complètement l’architecture intérieure des chambres, en pensant à Dédale qui a construit celle du Minotaure.

Aujourd’hui, le labyrinthe le plus pratiqué est celui des jeux vidéo, véritables parcours initiatiques. « Le Rêve d’Ulysse » renoue avec ce genre de construction dans le but de nous inciter à lâcher prise de la pression du quotidien pour venir flâner dans ce « jeu de la grotte ». Le conservateur a puisé dans la collection de la fondation, comme l’immense jeu de taquineries ( Faire et défaire Pénélope c’est la règle, 1966) utilisé par l’artiste Martial Raysse, pour déconstruire une représentation recyclée de magazines, d’une Penelope seventies. Ce parcours guidé par le hasard présente de nombreuses compositions d’artistes femmes, Niki de Saint Phalle, Carol Rama, Louise Bourgeois, Cindy Sherman, Jenny Holzer, Camille Henrot, Micol Assaël, Ann Ray, Haris Epaminonda et Janaina Mello Landini… qui ne sont pas pas vraiment des représentations de fantasmes masculins. Aussi, on comprend vite que la proposition n’est pas d’illustrer l’Odyssée.

Une structure de cimaises labyrinthiques de Margherita Palli, une autre femme, permet à quiconque y pénètre d’être au plus près des œuvres. L’architecture, métaphysique en même temps que très physique, laisse vagabonder l’esprit, affrontant ses angoisses. Héros boca abajo, une envolée lyrique de voiles marines entrelacées, a été créée par l’artiste Jorge Peris dans la lumière zénithale du plafond aquatique, miroir parmi d’autres disposés dans le labyrinthe, qui, comme ses escaliers en trompe-l’œil, viennent tromper la vision . Mais en poursuivant l’errance, le labyrinthe s’étend jusqu’au domaine. Rendez-vous au pavillon où Olafur Eliasson a disposé dans le noir une collection de jets d’eau sculptés par des lumières stroboscopiques, puis sortez dans le pré sur lequel se dresse la silhouette d’un bison blanc, une sculpture d’Adrian Villar Rojas, La plus belle de toutes les mères (XI)(Le bison), 2015, qui s’avère être une chimère composée de 29 animaux.

Reste à atteindre le maquis en croisant des sculptures pérennes conçues pour ce lieu sans bouleverser sa biodiversité, celle du Parc National de Port-Cros, premier parc terrestre et marin (1963). Au-dessus de la fondation, l’artiste Leandro Erlich a déposé dans l’obscurité du Fort Sainte-Agathe l’image 3D d’un nuage en lévitation, plongé ici dans un environnement sonore spécialement composé par le groupe Moriarty.

« Le Rêve d’Ulysse », exposition à la Villa Carmignac, île de Porquerolles, jusqu’au 16 octobre, ren. : www.fondationcarmignac.com

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