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Nouvelles locales

A Nîmes, un an de prison pour la mère incendiaire

Parfois, il y a des mots qu’il vaut mieux éviter devant un tribunal. Un qualificatif mal choisi, une formule maladroite… Et c’est le coup de bambou verbal de la magistrature sur la tête du prévenu. Vendredi 19 août devant le tribunal correctionnel de Nîmes, c’est pourtant pleine de contrition et de remords que Françoise (prénom modifié, NDLR) s’exprime dans la salle d’audience. « Je demande pardon. Et j’aimerais pouvoir réparer la bêtise que j’ai faite », explique cette femme de 55 ans.

Ce qui sort le président Jérôme Reynes de ses gonds. « On ne va pas au tribunal pour une bêtise madame. Vous êtes ici pour une infraction, un délit. Avec une peine possible de 10 ans de prison. Alors surveillez votre vocabulaire. lance le magistrat, désireux de faire comprendre à son interlocuteur « la gravité des faits » dont il est accusé.

Des motivations confuses

C’est un incendie criminel que nous jugeons en fin de matinée. Et l’affaire prend forcément une dimension particulière au coeur de cet été où la France brûlait. Sans toujours pouvoir comprendre les ressorts psychologiques de ceux qui jouent les matchs plus légers ou frappent en pleine canicule.

Certes, comme chaque été, nous avons eu droit à des histoires de pompiers incendiaires en quête d’héroïsme et d’adrénaline. Mais ici et là, la justice s’est également penchée sur le cas de pyromanes aux motivations parfois déconcertantes. Dans la Sarthe, un homme de 40 ans a expliqué que l’idée de mettre le feu lui était venue lorsqu’il « regardé la télévision ». Ses deux départs de feu ont été rapidement maîtrisés mais il a tout de même été condamné, mardi 16 août, à six mois de prison.

Ce vendredi à Nîmes, c’est une histoire bouleversante qui se raconte au tribunal. Un feu de « quartier » en quelque sorte qui, dans la nuit du 1euh Le 2 août, dans le village de Gajan (Gard), a entraîné la destruction de 2 000 m2 de végétation. Sans faire de victimes, ni détruire aucune habitation. Mais en ouvrant un abîme de douleur dont personne n’a mesuré l’étendue avant l’audience.

La fête au village

Au départ pourtant, l’ambiance était détendue dans ce village de 700 habitants où début août, la fête votive battait son plein. Chez Françoise, sa fille de 14 ans avait invité une foule de copines pour une autre fête animée. A 3 heures du matin, un voisin, père de deux jeunes enfants, envoie un texto à Françoise lui demandant de faire un peu moins de bruit. « J’ai répondu qu’on allait baisser la musique », raconte le prévenu à la barre. C’est tout pour la première nuit.

Le lendemain, après avoir bu deux verres de rosé, Françoise se rend à la fête du village, boit deux whiskies “puis deux ou trois verres de sangria” avant de commencer à nettoyer sa maison. A minuit, ses voisins reviennent sans dire un mot selon eux. Françoise, elle affirme avoir entendu une remarque qui « blessée ». Et voilà que deux heures plus tard, elle allume de l’herbe sèche devant le portail de ses voisins. Sous le regard d’une autre résidente qui la reconnaît et appelle immédiatement les pompiers. Heureusement, car le feu se propage à toute vitesse près de deux maisons où dorment deux familles avec enfants.

Aux commandes, Françoise affirme avoir été dépassé » et ayant essayé, en vain, d’éteindre les premières flammes. « Vous rendez-vous compte des risques que vous faites courir à ces familles ? », demande le président Reynes, qui aimerait comprendre les raisons d’agir. « Je n’avais pas décidé d’allumer le feu quand je suis sorti avec le briquet. Ce n’était pas prémédité. C’est venu tout seul. » répondit la prévenue, assurant qu’elle ne voulait pas « ne fais pas de mal » à ses voisins. « Un geste spontané et totalement irréfléchi », ajoute son avocat Me Victoria Morgante.

« Notre garçon de 6 ans n’arrive plus à s’endormir »

Mais pour les voisins, c’est toute une vie qui a changé avec ce feu qui s’est arrêté « à cinq mètres de notre baie vitrée », explique le père de famille, dont la compagne est aujourd’hui en arrêt de travail et sous tranquillisants. « Notre garçon de 6 ans n’arrive plus à s’endormir » disent les parents. « Ils ont peur des représailles », a déclaré leur avocate, Marie-Camille Chevenier.

Elle aussi en larmes, Françoise s’excuse abondamment. « J’ai passé toute ma vie à essayer de faire du bien aux autres » raconte la quinquagénaire, expliquant que depuis 25 ans, avec l’accord du conseil départemental, elle accueille chez elle des personnes âgées et handicapées (1). « J’élève seule ma fille de 14 ans » ajoute-t-elle, sans bouger le procureur, Philip Ughetto, qui demande une peine qui ne « pas moins de deux ans d’emprisonnement ».

Après un sursis d’audience, le tribunal condamne Françoise à deux ans de prison, dont un an ferme. Avec le mandat de dépôt demandé par le parquet. « Est-ce que ça veut dire que je vais dormir en prison ce soir ? » », demande le quinquagénaire, à la fois incrédule et effondré en entendant la réponse affirmative du président.

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