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À Maskwacis, la visite du pape comme occasion de guérison | Le pape François au Canada


Le pape doit se rendre lundi dans la communauté, située à 70 kilomètres au sud d’Edmonton, pour visiter le site de l’ancien pensionnat Ermineskin.

Lui-même survivant des pensionnats, le chef Randy Ermineskin soutient que la présence du pape dans sa communauté et la réitération potentielle de ses excuses seront l’occasion pour beaucoup d’amorcer ou de terminer un processus de guérison.

Pour tous les survivants du pays, ce sera une occasion inestimable de trouver un peu de paix pour eux-mêmes et leurs familles, dit-il. Ce sera un processus difficile mais nécessaire.

Les sentiments qui viendront la semaine prochaine ne disparaîtront pas une fois le pape parti, poursuit-il. Ils persisteront et nous devons les surmonter pour les générations futures.

C’est pourquoi un soutien psychologique pendant et après la visite sera essentiel.il ajoute

Lors d’une conférence de presse tenue avant l’arrivée du pape, l’aîné et rescapé du pensionnat de Maskwacis, Rod Alexis, a rappelé que les conséquences des pensionnats touchent aussi les descendants.

Mes parents sont aussi allés au pensionnat, raconte Rod Alexis. Mon père n’a pas aimé ses enfants parce qu’il a vécu dans la douleur toute sa vie.

Aujourd’hui, quand j’entends parler de guérison, je suis content, poursuit-il. Nos blessures et nos traumatismes affectent également les jeunes générations. C’est pour eux que nous devons trouver la paix et guérir.

Faire la route vers l’Alberta ou pas ?

Pour les survivants des pensionnats de l’Ouest canadien, la route depuis l’Alberta peut être un obstacle à leur désir d’assister aux événements entourant la visite papale.

Le chef de la communauté dénée de Ndilo, dans les Territoires du Nord-Ouest, et survivant Fred Sangris compte toutefois se rendre à Edmonton, car il est avant tout un catholique croyant et pratiquant.

Malgré les erreurs passées et ce qui s’est passé dans les pensionnats, je crois toujours en Dieudit le chef Sangris.

Chef Fred Sangris devant une église.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Je veux entendre les excuses du pape, dit M. Sangris. Des gens de mon peuple ont perdu des gens dans des pensionnats. Nous voulons les trouver. Le pape doit s’excuser et nous garantir des réponses.

Quant à Norman Yakeula, un ancien chef déné qui s’est rendu à Rome au printemps, il ne rencontrera pas le pape François. Il préfère rester sur son territoire traditionnel.

J’ai porté la honte tout ce temps, dit-il. Le pape a demandé pardon, alors il reprend cette honte.

Bien qu’il ne supporte plus le poids de la honte de ce qui s’est passé dans les pensionnats, M. Yakeula croit toujours que la visite du pape est essentielle.

Il doit demander pardon sur notre terre à nos peuples, souligne-t-il. Il est important qu’on puisse les entendre et qu’ils soient avec les gens.

Un homme pose devant un plan d'eau dans la forêt.

Norman Yakeula

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Le grand changement, cependant, rappelle Norman Yakeula, c’est l’attitude des paroissiens catholiques et de l’Église.

Avec les informations de Marie-Laure Josselin.

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