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A Chambord, l’esprit des Scouts Unitaires de France à l’honneur


Le souvenir des évacuations de la veille, sous la foudre, la pluie battante et les grêlons, semble soudain lointain. En ce crépuscule du dimanche de Pentecôte, l’atmosphère est recueillie sur la plaine du domaine national de Chambord (Loir-et-Cher), d’où s’élève un chant à la Vierge sous les éclats scintillants de milliers de torches. La scène est l’une des plus fortes du gigantesque camp qui y était organisé, du samedi 4 juin au lundi 6 juin, par les Scouts unitaires de France (SUF) pour célébrer le 50e anniversaire de leur fondation.

Louveteaux, brownies, scouts, guides, anciens, ils étaient plus de 30 000, venus en car affrété de toute la France. L’occasion pour eux de se rencontrer  » avec famille «  après de douloureuses années de confinement, mais aussi pour réaffirmer leur identité, dans un panorama désormais très diversifié (lire les marques) Scoutisme catholique français.

Alors qu’est-ce qui fait « l’esprit SUF » ? La question vous fait sourire, et beaucoup de points « une adaptabilité incroyable », en référence à la météo apocalyptique du premier jour du rallye, qui avait contraint les organisateurs à évacuer en urgence les enfants – de 8 à 12 ans – vers le château de Chambord, tandis que les plus grands se réfugiaient dans la plaine. Avant, une fois l’alerte levée, tout le monde retourne au camp.

« On dit que le scout sourit et chante dans les difficultés, là on y était à fond. La situation a vraiment été bien gérée. C’est ça l’esprit SUF : être résilient, savoir s’adapter. illustrent Pauline et Christophe Leclerc, chefs de groupe à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Au lendemain de cette nuit agitée, les organisateurs n’ont déploré que quelques blessés légers – immédiatement pris en charge par la Protection civile – et des dégâts matériels limités.

« Sens du service », « du jeu », pièces jointes « à la vie dans la nature, à l’Église, à la France »« J’aime surtout pouvoir être libre, dans les bois », Pointe Gabriel, petit poitevin de 11 ans. « Depuis leur création en 1971, les SUF ont souhaité continuer à vivre le scoutisme de manière naturelle, en respectant le système des patrouilles, qui avait explosé chez les Scouts de France. (sans-abri) en 1964 avec la réforme des « pionniers-rangers » », met en perspective l’historien Christophe Carichon, spécialiste du scoutisme (1).

« Pour moi, notre ADN repose sur la « pédagogie du grand frère » : elle est faite par les jeunes et pour les jeunes », insiste Clémence, 21 ans, de l’équipe nationale des Cubs. En fait, le cadre hiérarchique SUF est plus léger qu’ailleurs. « Nous l’avons voulu flexible, et avec une communauté fédérée de seniors », abonde Pierre du Couëdic, son président. Avant d’insister sur deux autres spécificités : « l’adaptation d’une pédagogie féminine pour les brownies et les guides » – qui évoluent respectivement dans l’univers de la « forêt bleue » et dans celui de la forêt de Domrémy-la-Pucelle, où naquit Jeanne d’Arc, quand l’Association des Guides et Scouts d’Europe (AGSE) garda l’imaginaire de Cub Scoutisme – et le choix d’affecter des couples en tant que chefs de groupe « pour offrir une complémentarité de points de vue, et renforcer notre esprit de famille ».

Et la recette cartonne, avec une augmentation de 40% des adhésions en dix ans pour atteindre 33 000 adhérents« surtout les enfants de familles plutôt aisées et urbaines », précise Christophe Carichon. A quoi, encore une fois, le choix de rejoindre le SUF peut-il être dû précisément ? « Je crois qu’il y a de moins en moins de différences entre le SUF et l’AGSE : les jeunes passent régulièrement de l’un à l’autre, en fonction notamment de l’offre géographique, il répond. Dans la manière de vivre le scoutisme, les différences sont sans doute plus marquées avec les scouts et guides de France (SGDF), qui ont évolué pour être plus en phase avec la société et ouverts sur les marges. »

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