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A 17 ans, David Popovici est déjà le nouveau phénomène de la natation mondiale

Champion du 100 m nage libre puis du 200 m, David Popovici, 17 ans, éclabousse les championnats d’Europe de natation de son talent. De quoi présager une carrière hors du commun pour le prodige roumain.

Où s’arrêtera David Popovici ? La question se pose alors que le prodige roumain de 17 ans fait la démonstration aux Championnats d’Europe de natation à Rome. Lundi 15 août, il est devenu champion d’Europe du 200 m nage libre (1’42 »97) mais aussi le troisième meilleur performeur de tous les temps sur cette distance.

Dans l’histoire de la natation, seuls deux sont allés plus vite que lui sur deux hectomètres : Paul Biedermann, qui a établi le record en 2009 (1’42 »00) à l’époque où les combinaisons étaient autorisées, et la légende américaine Michael Phelps, pour un petit centième (1’42 »96).


Interrogé en début de semaine sur la possibilité d’approcher le record du monde du nageur allemand, établi dans cette même piscine du Foro Italico, Popovici, philosophe, avait répondu : « Paul est humain, il était humain quand il a battu le record , et nous sommes tous humains. Je pense que c’est aussi simple que ça. »

Il avait démarré son week-end tout aussi « simplement »: un titre sur 100 m et surtout un record du monde sur la distance. Popovici a ainsi amélioré de cinq centièmes la marque du Brésilien César Cielo, qui datait de 2009, en nageant l’aller-retour en 46″86. Une marque qui avait été établie à l’aide d’une combinaison, qui plus est.

Un ancien fainéant devenu ascète

David Popovici est né en Roumanie en 2004, l’année où Michael Phelps a fait ses débuts olympiques en Grèce. Ses parents l’ont lancé dans la natation sur les conseils d’un médecin, surtout pour corriger des problèmes de scoliose.

Son talent devient vite évident. Il a ensuite rejoint le club d’Adrian Radulescu, qu’il appelle encore aujourd’hui « Monsieur Adri ». Un entraîneur avec qui il développe une relation étroite.

Le coach assure que son poulain a les jambes – et les bras – ainsi que la tête pour gagner. Il raconte cette anecdote : « On était à l’entraînement, il devait avoir dix ans, on organisait une compétition avec des nageurs du même âge. Vingt-cinq mètres à nager et le dernier a été éliminé. Deux garçons étaient meilleurs que lui, on a commencé le match. A chaque fois, David a terminé avant-dernier. Devant, ils voulaient prouver qu’ils étaient bons et ils se sont fatigués. En finale, le dernier n’avait plus d’énergie et David a gagné. Donc à dix ans , il avait déjà l’intelligence et le talent. »

« Il n’était pas facile à entraîner mais il avait quelque chose de spécial : l’esprit de compétition, en plus de l’intelligence et du talent. Quand il le voulait, il nageait incroyablement vite pour le peu d’entraînement qu’il s’infligeait lui-même », se souvient son entraîneur dans L’Équipe. . « Un minimum d’effort pour un maximum d’impact. C’était vraiment un défi de réussir à activer cet esprit de compétition pour qu’il accepte de fonctionner. »

Le dilettante d’hier est devenu un compétiteur hors pair. « J’ai battu mon premier record national à dix ans. Puis je suis devenu accro à la sensation de la plus haute marche du podium », a-t-il confié dans un entretien à la Fédération internationale.

La vie d’un nageur de haut niveau ressemble à un sacerdoce. Il faut être dans la piscine tôt le matin, travailler jusqu’à épuisement, ne jamais sortir le soir. Loin de la vie d’un adolescent normal. Plus d’un athlète s’y est brûlé, comme Laure Manaudou ou Ian Thorpe, qui ont tous deux annoncé leur première retraite sportive à 22 et 23 ans. David Popovici, lui, semble se délecter de la vie de moine qui est la sienne, assurant que « Monsieur Adri » lui a montré que nager était un « plaisir ».

Dans la lumière à Tokyo, consacrée à Budapest

C’est déjà à Rome, lors des Championnats d’Europe juniors en 2021, qu’il adresse un premier message à la planète natation. Il pulvérise le record du monde junior du 100 m avec un 47″30. C’est aussi la meilleure performance mondiale de l’année, un centième devant le 47″31 de Kliment Kolesnikov.

Popovici confirme quelques semaines plus tard. Benjamin de la délégation roumaine aux JO de Tokyo, il lui manque de peu une première médaille olympique : deux centièmes le séparent du bronze de la finale du 200 m nage libre. Tout le monde aura désormais un œil sur le prodige, qui n’a même pas fini de grandir.

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C’est bien fini quand il vient aux championnats du monde à Budapest. Avec ses bras interminables, ses 2,05 m d’envergure et ses 90 mètres pour 80 kg, David Popovici impressionne. Il réussit le doublé 100m/200m, une performance jusque-là uniquement réalisée par l’Américain Jim Montgomery en 1973. Certes, Caeleb Dressel, le nageur le plus dominant du moment, était absent, mais l’exploit est remarquable. Dans la foulée, il a confirmé sa domination à domicile, à Bucarest, aux Championnats d’Europe juniors, avec trois titres (50 m/100 m/200 m nage libre).

Impressionnés par ses performances olympiques, plusieurs universités américaines lui proposent alors de venir s’entraîner avec elles. Mais contrairement à un autre prodige, le Français Léon Marchand, parti s’entraîner en Arizona, préfère rester en Roumanie aux côtés de son entraîneur de toujours, Adrian Radulescu.

Un brin insolent, David Popovici assure que son été de folie n’est pas terminé. Dès mercredi, il s’alignera pour la série du 400 m, une distance qu’il pratique moins. Puis il s’envolera pour Lima au Pérou pour disputer les championnats du monde juniors, où l’on voit mal qui pourrait contester sa domination.




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