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1 364 kilomètres de route pour vendre son bœuf à 15 kilomètres de sa ferme


La ferme Adjulo est située à Dupuy en Abitibi-Ouest.PHOTO : avec l’aimable autorisation

Produire de la viande d’élevage local à un prix raisonnable, c’est ce que souhaite le propriétaire de la ferme Adjulo à Dupuy. Cependant, ce vœu est difficile à réaliser rapidement et à peu de frais puisque l’Abitibi-Témiscamingue ne possède pas d’abattoir régional.

Pour vendre ses produits, le producteur de bœuf, Pierre-Luc Létourneau travaille avec les propriétaires de la Boucherie du Brack, située à une dizaine de kilomètres de son domicile. Cependant, ses animaux élevés en Abitibi-Ouest doivent parcourir des centaines de kilomètres pour se rendre à l’abattoir de Terrebonne. Un non-sens pour les entrepreneurs.

 » Ça n’a vraiment pas l’air bien. Il n’y est pas débité. Il vient d’être abattu et ramené ici. En tout, c’est 432 dollars que cela coûte pour le transport et 1364 kilomètres que l’animal fait juste pour aller se faire tirer dessus et revenir. « 

Une citation de

Pierre-Luc Létourneau

Le copropriétaire de la Boucherie du Brack de La Sarre déplore également la complexité du processus. Fanny Dupras souhaite sensibiliser la population à cette problématique et valoriser toutes les pièces de bœuf.

1 364 kilomètres de route pour vendre son bœuf à 15 kilomètres de sa ferme

Jonathan Branconnier et Fanny Dupras-Rossier, copropriétaires de la Boucherie du Brack à La Sarre

Les archives

Le bœuf Angus de la ferme Adjulo sera en vente du 1er au 3 décembre à la Boucherie du Brack.

Ces jours-ci, a-t-elle dit, il va juste avoir ça dans mon comptoir pour vraiment faire comprendre aux gens toutes les pièces qu’il y a. Que quand tu arrives et que tu as envie de manger un steak français et que c’est parti, peut-être que j’essaierai de te proposer autre chose. Ces trois jours, il s’agira vraiment de sensibiliser.

Le manque d’abattoirs dans la région est dénoncé depuis de nombreuses années. À Rouyn-Noranda, la Boucherie des Praz a annoncé en décembre 2020 la construction d’un abattoir.

Oui il y a l’abattoir du Praz. De bons amis à nous aussi, mais ce qu’ils ont, c’est un abattoir à proximité. Un abattoir local peut abattre des animaux qu’il vendra dans sa boucherie ou dans son centre de vente. […] Ils ont un projet de devenir un abattoir provincial, ils y travaillent encore, j’en ai reparlé avec Sylvain hier, mais c’est pas facile, dit Pierre-Luc Létourneau.

Il explore également d’autres pistes.

C’est un premier test et on verra pour la suite, dit-il. On peut avoir une demande d’ouverture du côté du MAPAQ : « l’abattage à la ferme serait-il une solution ?

En région, on n’a pas la même réalité qu’au centre et je pense que les régions pourraient avoir droit à une dérogation aux lois qui compliquent énormément les choses., ajoute Fanny Dupras.

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